Quatre directeurs généraux de CHU demandent que la dépendance numérique en santé soit traitée comme un « enjeu de sécurité nationale ». La question concerne aussi votre établissement. Leur tribune, parue à la mi-septembre dans Les Echos et reprise par TICsanté le 5 octobre, est signée par les dirigeants de l'AP-HP, des HCL, de l'AP-HM et du CHU de Nantes. Nous l'avons lue à travers la reprise de TICsanté : nous n'avons pas pu consulter le texte original.
Que demandent les directeurs généraux de CHU dans leur tribune ?
Ils veulent que les hôpitaux développent leurs compétences internes pour comprendre ce qu'ils achètent. Une idée nous a arrêtés plus que les autres, et nous la partageons. Elle vaut déjà pour l'IA.
Les signataires décrivent des éditeurs qui réutilisent les données de leurs clients pour bâtir leurs propres outils d'IA. Ils relèvent aussi des hausses de tarifs proches de 8 % par an sur les logiciels, avec 12 % par an annoncés pour les cinq prochaines années. Ces chiffres sont avancés par les signataires, sans étude citée dans la reprise que nous avons lue : nous les rapportons comme leur constat.
Pourquoi cette tribune concerne-t-elle aussi les cliniques et les EHPAD ?
Parce que le contrat se signe de la même façon partout. Les CHU ont des directions du numérique pour instruire ces choix. Une clinique ou un EHPAD n'en ont pas toujours, et leurs comités de direction signent pourtant les mêmes contrats. Un contrat signé aujourd'hui pour un outil d'IA engage l'établissement pour longtemps.
Le cadre européen pousse dans le même sens. L'article 4 du règlement sur l'IA, dans sa version modifiée par l'Omnibus IA entré en vigueur le 27 juillet 2026, demande aux fournisseurs et aux déployeurs de prendre des mesures pour favoriser la maîtrise de l'IA par leur personnel. L'obligation porte sur les moyens mis en œuvre et ne garantit aucun niveau de maîtrise chez une personne donnée. Les obligations liées aux systèmes à haut risque de l'annexe III, dont le tri des patients en urgence, s'appliqueront à partir du 2 décembre 2027.
Quelles questions poser avant de signer un outil d'IA ?
Trois questions reviennent dans la tribune et méritent une réponse écrite dans le contrat. Où sont hébergées les données ? Pourra-t-on changer d'outil sans tout perdre ? L'éditeur peut-il réutiliser ce qui passe par son logiciel ? Ces questions relèvent de la direction, au même titre que le budget.
Pour les données de santé, l'hébergement relève de l'article L.1111-8 du Code de la santé publique, qui exige un hébergeur certifié HDS. La réversibilité et la réutilisation des données par l'éditeur se négocient avant la signature, quand l'établissement a encore le choix. Pour l'IA, il est encore temps de choisir en connaissance de cause. Dans votre établissement, qui pose ces questions avant la signature ?
Quelle formation ARCADIA pour une équipe de direction ?
Chez ARCADIA, c'est l'objet de notre formation « Stratégie IA en établissement de santé : comprendre, décider, sécuriser sa stratégie SIA » (14 heures). Deux jours pour donner à votre équipe de direction les repères qui lui permettent de choisir ses outils d'IA en mesurant ce qu'ils engagent.
La formation se déroule en présentiel, en intra ou en inter, sans prérequis technique. Les ateliers s'appuient sur vos propres dossiers, avec des données anonymisées ou des documents non nominatifs, et chaque session produit un livrable, par exemple une feuille de route ou un plan d'action. Le financement s'inscrit dans le plan de formation de l'établissement, avec l'OPCO Santé ou l'ANFH selon votre statut.
Questions fréquentes
Que désigne la dépendance numérique dans la tribune des directeurs généraux de CHU ?
Le terme désigne la dépendance des hôpitaux à leurs éditeurs de logiciels : tarifs, hébergement des données, capacité à changer d'outil. Les signataires demandent de la traiter comme un enjeu de sécurité nationale.
Les hausses de 8 % et de 12 % par an sont-elles vérifiées ?
Ce sont des chiffres avancés par les signataires, sans étude citée dans la reprise de TICsanté que nous avons lue. Nous les présentons comme leur constat, à confirmer par chaque établissement avec ses propres contrats.
Comment une clinique ou un EHPAD peut-il instruire un contrat d'IA sans direction du numérique ?
En posant les trois questions de la tribune par écrit, en les faisant figurer dans le contrat et en formant le comité de direction qui signe. Le comité décide, il doit donc savoir ce qu'il engage.
L'AI Act oblige-t-il à former les équipes ?
L'article 4 demande aux fournisseurs et aux déployeurs de prendre des mesures pour favoriser la maîtrise de l'IA. C'est une obligation de moyens depuis l'Omnibus IA : elle ne garantit pas un niveau précis de maîtrise pour chaque personne.
Sources
- TICsanté, reprise de la tribune des directeurs généraux de CHU (5 octobre 2026) : https://www.ticsante.com/story?ID=8456
- Tribune publiée dans Les Echos à la mi-septembre 2026 (texte original non consulté).
- Règlement (UE) 2024/1689, modifié par le règlement (UE) 2026/1744 dit « Omnibus IA », entré en vigueur le 27 juillet 2026 (Commission européenne).
- Code de la santé publique, article L.1111-8.
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