Se rendre au contenu

« Savoir raisonner avec et contre l'IA » : qui forme les médecins déjà en poste ?

19 octobre 2026 par

« Savoir raisonner avec et contre l'IA » : la Faculté de santé de Sorbonne Université en fait un sujet d'enseignement. Et dans vos services ? Dans What's up Doc, Monsieur Ben Fredj, interne en médecine générale à l'AP-HP, explique comment la faculté intègre l'IA à ses enseignements depuis mars 2025. Nous avons lu son article, daté du 16 octobre 2026, avec intérêt.

Que fait la Faculté de santé de Sorbonne Université avec l'IA ?

Depuis mars 2025, un groupe de travail baptisé « IA et Pédagogie en santé » réfléchit à l'intégration de l'IA dans les enseignements. En avril 2026, il a publié des recommandations pour un usage responsable de l'IA générative dans la recherche : vérifier les productions, notamment les recherches bibliographiques, conserver le contrôle humain et rester transparent sur l'usage des outils.

Monsieur Ben Fredj cite aussi plusieurs projets : EvalIA ; l'usage d'un modèle de langage pour noter des questions rédactionnelles courtes ; des ateliers et des tutoriels vidéo pour les enseignants ; une réflexion sur un modèle partagé et sécurisé. Il rappelle enfin, d'après une enquête Ipsos bva pour l'EPITA de janvier 2026 auprès de 1 000 étudiants de l'enseignement supérieur, que 48 % utilisent l'IA quotidiennement.

Quelles idées retenir de l'article de Monsieur Ben Fredj ?

Trois idées structurent son propos. La première est la vérification : un modèle peut produire des informations fausses, d'où l'importance de contrôler les sources. La deuxième concerne les hallucinations : des connaissances solides permettent de repérer une réponse incohérente, ce qui justifie de continuer à apprendre les fondamentaux. La troisième est le doute clinique, une compétence du médecin à entretenir.

Un futur médecin doit donc garder assez de connaissances pour repérer une réponse incohérente, vérifier les sources et conserver son doute clinique.

Pourquoi la formation continue doit-elle prendre le relais ?

Parce que ces étudiants arriveront dans vos services en sachant contredire une machine, et que les professionnels déjà en poste n'ont pas eu ce cours. Médecins, cadres et directeurs ont pourtant sous la main les mêmes outils. C'est donc à l'établissement d'organiser cette formation, avec des règles claires sur ce que l'on vérifie et sur qui garde la décision.

Le cadre le demande déjà. L'article 4 du règlement européen sur l'IA, dans sa version modifiée par l'Omnibus IA entré en vigueur le 27 juillet 2026, impose aux fournisseurs et aux déployeurs de prendre des mesures pour favoriser la maîtrise de l'IA par leur personnel : c'est une obligation de moyens. La HAS, dans « Premières clefs d'usage de l'IA générative en santé », pose quatre lignes directrices, Apprendre, Vérifier, Estimer, Communiquer, avec un usage supervisé.

Quelles règles d'usage fixer pour les équipes médicales ?

Deux questions suffisent pour démarrer : que vérifie-t-on, et qui garde la décision ? La réponse varie selon les usages. Une aide à la rédaction d'un courrier n'appelle pas la même relecture qu'un avis sur une prise en charge. Les équipes médicales ont besoin d'un cadre écrit, discuté avec elles, qui reprend les réflexes enseignés à la faculté : vérifier les sources, repérer l'incohérence, conserver le doute.

Vous avez déjà fixé des règles d'usage de l'IA pour vos équipes médicales ? Si la réponse est non, la formation est un bon point d'entrée, parce qu'elle réunit médecins, cadres et direction autour des mêmes repères.

Quelle formation ARCADIA pour travailler ces réflexes ?

Chez ARCADIA, c'est l'objet de notre formation « IA en santé pour cadres, directeurs et médecins » (14 heures) : deux jours pour travailler ces réflexes avec vos équipes.

La formation se déroule en présentiel, dans votre établissement en intra ou en inter, sans prérequis technique. Les ateliers s'appuient sur vos propres dossiers, avec des données anonymisées ou des documents non nominatifs. Le financement s'inscrit dans le plan de formation de l'établissement, avec l'OPCO Santé ou l'ANFH selon votre statut.

Questions fréquentes

Que fait la Faculté de santé de Sorbonne Université avec l'IA ?

Elle a créé en mars 2025 un groupe de travail « IA et Pédagogie en santé », publié en avril 2026 des recommandations pour un usage responsable de l'IA générative dans la recherche et mène des projets comme EvalIA.

Pourquoi apprendre à contredire l'IA ?

Parce que les modèles peuvent produire des informations fausses. Des connaissances solides permettent de repérer une réponse incohérente, et le doute clinique reste l'affaire du médecin.

Les professionnels déjà en poste doivent-ils être formés à l'IA ?

Le règlement européen sur l'IA demande aux déployeurs de prendre des mesures pour favoriser la maîtrise de l'IA par leur personnel. L'obligation porte sur les moyens, sans garantir un niveau précis de maîtrise pour chaque personne.

Quel est le contenu des quatre lignes directrices de la HAS ?

Apprendre, Vérifier, Estimer, Communiquer, avec un usage supervisé et aucune donnée confidentielle dans les requêtes, selon « Premières clefs d'usage de l'IA générative en santé » (30 octobre 2025, mis à jour le 15 avril 2026).

Sources

Vous voulez fixer des règles d'usage de l'IA avec vos équipes médicales ? Consultez le programme ou prenez rendez-vous.

Une IA vérifie les chimiothérapies à Metz : que change ce dispositif pour la qualité ?