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Traduction par IA : qui relit le nom d'un médicament dans votre établissement ?

30 septembre 2026 par

Un compte rendu d'hospitalisation rédigé en italien. Une IA le traduit. Dans la version française, le délorazépam, une benzodiazépine, est devenu de la duloxétine, un antidépresseur. Le patient, un homme de 89 ans, présente ensuite de la somnolence et de la confusion.

Ce cas fait partie des cinq déclarations d'effets indésirables médicamenteux mentionnant ChatGPT que des pharmacologues ont retrouvées dans la base nationale de pharmacovigilance. L'étude est parue dans la revue Therapies. Nous l'avons découverte dans la newsletter de Médecin Malin (Messieurs Welmant et Demontoy), et Le Moniteur des pharmacies en détaille les cinq situations. Traduire un document paraît mécanique, on le confie sans y penser. C'est ce qui nous arrête.

Que dit l'étude publiée dans Therapies ?

Elle recense cinq déclarations d'événements indésirables médicamenteux liés à ChatGPT, dont trois jugées graves. Selon Le Moniteur des pharmacies, ce travail est conduit par Monsieur Barus, du département de pharmacologie clinique du CHU de Toulouse, qui a interrogé la base nationale de pharmacovigilance en janvier et février 2026. Les cinq situations touchent des patients de 16 à 89 ans : un conseil de posologie erroné pour une jeune femme enceinte de 18 ans, un traitement antibiotique modifié pour un homme de 47 ans, un état d'anxiété sévère chez une femme de 25 ans, une prise de 20 comprimés de diphenhydramine par un adolescent de 16 ans, et le compte rendu mal traduit.

Les auteurs soulignent que ces cas sont peu nombreux et probablement sous-déclarés. Ils y voient des risques cliniques réels. Leur message : les IA peuvent être utiles, à condition d'un encadrement, d'une supervision humaine et d'une vérification systématique dès qu'un médicament est en jeu.

Pourquoi la traduction par IA est-elle une tâche à risque ?

Parce qu'un nom de molécule est un détail qu'un modèle de langage peut déformer sans que le texte en ait l'air. L'outil produit la suite de mots la plus vraisemblable. Un modèle de langage ne cherche pas les antécédents du patient avant de répondre.

Le résultat reste fluide, bien rédigé, rassurant. L'erreur s'y glisse sans signal d'alerte, et une lecture rapide ne la repère pas. L'évaluation menée au CHUV sur de petits modèles de langage donne un éclairage voisin : sur la traduction de lettres de sortie, l'un des six modèles testés a ajouté des informations absentes du texte source dans plus de la moitié des cas. Une traduction automatique se relit.

Quelles tâches confier à une IA, lesquelles relire ligne à ligne ?

Tout résultat qui contient un nom de médicament, une dose ou une durée de traitement se relit ligne à ligne par un professionnel. C'est le repère de départ que nous proposons aux équipes d'encadrement. Il rejoint les lignes directrices de la HAS dans « Premières clefs d'usage de l'IA générative en santé » (30 octobre 2025, mis à jour le 15 avril 2026) : Apprendre, Vérifier, Estimer, Communiquer, avec un usage supervisé et aucune donnée confidentielle dans les requêtes.

Un compte rendu de sortie contient des données de santé. Le copier dans un outil grand public soulève une seconde question, celle de la confidentialité. Le travail de l'encadrement devient très concret : décider quelles tâches peuvent être confiées à un outil, lesquelles exigent une relecture, qui relit et qui garde la décision. Chez vous, ces règles existent-elles par écrit, service par service ?

Quelle formation ARCADIA pour organiser ces usages ?

Chez ARCADIA, c'est l'objet de notre formation « IA en santé pour cadres, directeurs et médecins » (14 heures). Elle donne aux équipes d'encadrement les repères pour organiser ces usages dans leurs services.

La formation se déroule en présentiel, dans votre établissement en intra ou avec d'autres établissements en inter, sans prérequis technique. Vous travaillez sur vos propres dossiers, avec des données anonymisées ou des documents non nominatifs, et vous repartez avec un livrable opérationnel, par exemple une charte d'usage. Le financement s'inscrit dans le plan de formation de l'établissement, avec l'OPCO Santé ou l'ANFH selon votre statut. Retrouvez le programme parmi nos formations conformité, cybersécurité et dispositifs.

Questions fréquentes

Une IA peut-elle traduire un compte rendu médical ?

Elle peut produire une traduction, que doit relire un professionnel qui maîtrise le contenu, surtout pour les médicaments, les doses et les allergies. La HAS demande par ailleurs de ne placer aucune donnée confidentielle dans les requêtes.

Combien de cas l'étude a-t-elle relevés ?

Cinq déclarations d'événements indésirables mentionnant ChatGPT dans la base nationale de pharmacovigilance, dont trois jugées graves. Les auteurs estiment ces cas probablement sous-déclarés.

Qui doit relire une traduction produite par une IA ?

Un professionnel qui connaît le dossier et qui garde la décision. Les auteurs demandent une supervision humaine et une vérification systématique dès qu'un médicament est en jeu. La direction et l'encadrement définissent, service par service, qui assure cette relecture.

Ces constats valent-ils pour d'autres outils que ChatGPT ?

Les cinq déclarations relevées mentionnent ChatGPT. Les auteurs plaident pour un encadrement de l'IA générative en général, et la même prudence s'applique à tout outil de ce type.

Sources

Vous souhaitez fixer des règles d'usage de l'IA dans vos services ? Consultez nos formations ou prenez rendez-vous.

Charte IA et référent IA : qui encadre les usages spontanés dans votre établissement ?
L'OPCO Santé a consacré sa matinale du 22 septembre à l'IA et aux métiers. L'IA circule déjà dans les équipes. Reste à savoir qui l'accompagne.